Votre frère a raconté votre karaoké de Noël à toute la table. Votre meilleure amie a spoilé la fin de la série. Votre collègue a « oublié » de vous mettre en copie, encore. Vous voilà en train de taper « comment se venger » sur votre téléphone. Bonne nouvelle : il existe une méthode. Elle tient en 5 étapes et elle se termine toujours par un éclat de rire. Parfois le vôtre, parfois le sien, souvent les deux.

Comment se venger sans le regretter : la règle de départ

Avant les 5 étapes, une seule règle. Elle décide de tout le reste.

Une bonne vengeance doit pouvoir être racontée à table, devant la personne visée, sans que personne ne baisse les yeux.

Si vous imaginez la scène et que tout le monde rit, vous tenez une blague. Si la table se tait, vous tenez une mauvaise idée. Changez-la.

C'est ce qui sépare la vengeance qu'on regrette de celle qu'on garde en souvenir. La première abîme quelque chose. La seconde ne laisse derrière elle qu'une histoire, et quelques centaines de confettis entre les lames du parquet.

Étape 1 : laisser passer une nuit

La colère est une mauvaise conseillère et une excellente rédactrice de messages qu'on efface le lendemain.

Alors on ne fait rien le soir même. On ne répond pas, on n'envoie pas, on ne poste pas. On dort.

Le matin, deux cas de figure :

  • L'envie est passée. Tant mieux. L'affaire ne valait pas plus qu'une nuit. Vous venez d'économiser une blague pour une meilleure occasion.
  • L'envie est toujours là, mais plus calme. Parfait. Vous ne voulez plus faire mal, vous voulez marquer le point. C'est exactement l'état d'esprit qu'il faut pour la suite.

Étape 2 : résumer le forfait en une phrase

Prenez un papier et écrivez ce qui s'est passé, en une phrase, comme si vous le racontiez à un ami.

« Il a fini le café et il a remis la cafetière vide sur la plaque. » « Elle a raconté la fin de la saison 3 alors que j'étais à l'épisode 2. »

Cet exercice fait deux choses. Il remet l'affaire à sa vraie taille : écrit noir sur blanc, un café non refait paraît soudain très petit. Et il vous donne la matière de votre blague : cette phrase, c'est déjà presque votre message.

Si la phrase ne tient pas en une ligne, ou si elle vous fait encore mal au ventre en la relisant, ce n'est pas une affaire de blague. Parlez-en à la personne, directement. Une vengeance n'a jamais réglé un vrai problème. Elle sert à conclure les petits.

Étape 3 : choisir une blague, pas une riposte

Une riposte rend la pareille : il a fait du bruit, je fais du bruit. Une blague change de terrain : il a fait du bruit, je lui envoie une enveloppe pleine de confettis avec écrit dessus « Voici un peu de bruit en papier ».

La riposte appelle une riposte. La blague appelle un rire, puis un « Tu vas voir, je vais te le rendre », qui est la plus belle chose qu'on puisse entendre après une vengeance.

Pour choisir, trois critères :

  • Tout doit pouvoir se ranger. En quelques minutes, ou en quelques semaines si l'on parle de confettis. Rien de cassé, rien de taché.
  • La personne doit comprendre que c'est quelqu'un qui l'aime bien. Une blague venue de nulle part inquiète. Une blague signée, ou signée d'un indice, fait sourire.
  • Ça doit être un peu disproportionné, dans le bon sens. Un café non refait mérite une réponse plus grande que le café. C'est ce décalage qui fait rire.

Notre exemple favori, vous l'avez deviné : la lettre à confettis. Une enveloppe banale, un message imprimé, et plusieurs centaines de petits ronds de papier de 5 millimètres qui s'envolent à l'ouverture. La blague ne dure pas une seconde, elle dure des semaines : les confettis se glissent sous le canapé, dans les plis du fauteuil, entre les lames du parquet. On en retrouve encore un mois plus tard, au moment où on vous avait presque pardonné. 9,90 € envoi compris. Avec l'option paillettes biodégradables à 2,99 €, elles accrochent la lumière à chaque rayon de soleil, et l'aspirateur en laisse toujours quelques-unes pour le souvenir.

Étape 4 : soigner l'exécution

Une bonne idée mal exécutée est une idée perdue. Trois détails font la différence.

Le message. Court, précis, et qui rappelle le forfait sans l'expliquer. « Tu as fini le café sans en refaire. Voilà. On est quittes. » Pas d'insulte : une insulte transforme une blague en dispute. Pas de leçon de morale non plus. Pour une lettre à confettis, vous avez 500 caractères.

Le moment. Juste après le forfait, la blague est trop attendue. Trois semaines après, elle devient une surprise totale. L'idéal : quand la personne pense que vous avez oublié.

La signature. Signez si vous voulez le plaisir immédiat du coup de fil. Restez anonyme si vous voulez le plaisir plus long de la voir chercher. Dans ce cas, laissez un indice dans le message : le doute est drôle, l'inquiétude ne l'est pas. Si vous hésitez, lisez comment envoyer une lettre anonyme pour rire.

Et déléguez l'intendance. Pour une lettre à confettis, vous écrivez le message, nous l'imprimons, nous remplissons l'enveloppe, nous la postons. Un humain relit chaque texte avant le départ, et vous recevez par e-mail la photo de votre lettre prête à partir.

Étape 5 : assumer, puis s'arrêter

C'est l'étape qu'on oublie, et c'est celle qui fait tout.

Assumer. Quand la personne vous appelle, vous ne niez pas longtemps. Vous riez, vous racontez, vous lui dites que la cafetière vide, c'était vraiment trop. Une vengeance assumée est une blague. Une vengeance niée jusqu'au bout devient un petit mystère désagréable.

S'arrêter. Une blague, c'est drôle. La même blague cinq fois, c'est lourd. Vous avez marqué votre point, l'histoire est close, et vous êtes maintenant la prochaine cible. C'est aussi pour cela que nous n'envoyons qu'une seule lettre par adresse sur 30 jours : la vengeance a droit à un tour, pas à une saison.

Alors, comment se venger sans le regretter ? Une nuit, une phrase, une blague, une exécution soignée, et un point final. Pour d'autres idées dans le même esprit, voyez nos 15 idées de vengeance gentille et drôle.

Questions fréquentes

Comment se venger de quelqu'un qu'on voit tous les jours ?

C'est le cas le plus simple. Un collègue, un colocataire, un frère : la blague arrive dans un lien qui existe déjà, et elle le renforce. Choisissez une idée qui se range vite et qui se raconte bien. La lettre à confettis au bureau, avec le message « Pour la réunion de 18 h, celle où tu avais une urgence », fait rire tout l'open space.

Et envoyer du caca par la poste ?

Non. Vraiment non. Ce n'est pas une blague, c'est une mauvaise journée pour le facteur, pour le destinataire et pour votre réputation. La Poste refuse d'ailleurs ce type d'envoi, et ça n'a rien de bienveillant. Les confettis en papier font le même effet de surprise à l'ouverture, en propre, et la personne vous appelle en riant au lieu de ne plus jamais vous appeler.

Et si la personne ne rit pas ?

Ça arrive, rarement, et presque toujours quand une étape a été sautée : la nuit de réflexion, le message sans insulte, ou le choix d'une personne qu'on connaît bien. Dans ce cas, vous vous excusez, vous passez l'aspirateur, et vous payez le café. Le vrai, cette fois.